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7 points clés : Le TDAH de l’enfant

Revue No. 108
1. EN PRÉAMBULE
Le Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) n’est pas une mode (il est décrit depuis le XIXe siècle), les parents n'en sont pas la cause (même s’ils peuvent être défaillants) et n’est pas en augmentation (sa prévalence est stable et similaire dans tous les pays). Le TDAH fait partie des troubles du neuro-développement (dyslexie, dyspraxie, trouble du spectre de l’autisme).
 
2. Des enfants mal élevés ?
Les critères du DSM-5 pourraient faire penser cela : présence de 6 symptômes d’inattention et/ou 6 d’hyperactivité et impulsivité, pendant plus de 6 mois, présents avant 12 ans, et pas seulement à la maison. Mais chez les enfants TDAH, risque d’augmentation des accidents, des conduites addictives ou suicidaires et d’activités délictuelles (adolescent +++). Et en cas de retard au diagnostic ou au traitement, fréquentes conséquences psychologiques, scolaires, familiales et sociales.
 
3. Un diagnostic clinique

Le plus souvent, le MG peut (doit) faire seul le diagnostic, notamment en cas de trouble de l’apprentissage souvent associé. L’histoire clinique, l’observation et le retentissement du trouble doivent faire proposer aux (deux) parents de remplir l’échelle de Conners (version en 10 items). Un score > 15 avec 2 cotateurs différents est évocateur de TDAH.
Un bilan neuropsychologique n’est pas nécessaire pour le diagnostic, mais souvent utile pour le suivi, en cas de comorbidités ou pour le diagnostic différentiel.

4. En 1re intention, psychoéducation

À mettre en place lors du diagnostic et à poursuivre tout au long du suivi.
Expliquer le TDAH au patient et à la famille, tout au long de la prise en charge (sur plusieurs années).
Proposer des stratégies spécifiques pour améliorer concentration et gestion temporelle : routines, « time-out », « stop, think and go » …
Apprendre à récompenser les efforts.
Construire un projet thérapeutique global
en concertation avec l'enfant et ses parents : participation à un groupe de parents, envisager des aménagements scolaires et pédagogiques.
Traitement de troubles DYS associés.

5. En 2e intention, méthylphénidate

En fonction de la sévérité des symptômes et de leur impact sur le quotidien (scolaire, familial et social) et systématiquement associé à des mesures non médicamenteuses.
Initié par le spécialiste, renouvelable par le MG
pendant 1 an (changement posologique possible).
Posologies à adapter
en fonction de l’efficacité et de la tolérance, qui sont variables pour chaque individu. Maximum 60 mg/jour, mais commencer par de petites doses.
Possibilité de combiner formes LI et LP le matin pour un effet « booster ».

6. TDAH ou HPI ?

Confusion fréquente entre HPI et TDAH. Des caractéristiques communes : désintérêt pour les tâches répétitives, non respect des consignes, difficultés à accepter de s’ennuyer, problèmes avec le graphisme, sentiment d’injustice… Diagnostic complexe en cas de coexistence. Un signe important : en cas de HPI isolé, disparition des symptômes à la maison. Test de QI indispensable en cas de doute.
Bien traitée, l’hyperactivité peut être une force subtile comme le montre la réussite sociale ou professionnelle d’anciens TDAH.

7. POUR EN SAVOIR +

Sous le soleil exactement
Retrouvez en 10 min l’essentiel sur « TDAH de l’enfant : que peut faire le MG en 2025 ? » par le Dr Olivier Revol (Lyon)