Longtemps restée dans l’angle mort des politiques de santé, la santé des soignants s’impose désormais dans le débat public, comme clé de voûte du système de santé. La crise Covid-19 a agi comme un révélateur, mettant en exergue un état de santé déjà fragilisé. Elle a aussi marqué une rupture dans les conditions d’exercice (bien que déjà érodées), en installant un climat de crise prolongée dont le système peine à s’extraire.
Le recours aux examens biologiques est un aspect incontournable des progrès de la médecine moderne ; mais qui dit progrès dit changement aussi bien en termes de technique que de stratégie d'utilisation. Le but de cette enquête était d’interroger les médecins généralistes sur quelques examens courants, mais en évolution, et leurs attentes pour l’avenir.
Il est parfois difficile de corréler l’ECG aux symptômes, notamment quand la survenue des palpitations est rare et/ou de durée très courte. Les palpitations sont un motif classique de consultation en médecine générale. L’examen clé est la réalisation d’un électrocardiogramme (ECG) au moment des sensations de palpitations. Celui-ci permettra de faire le diagnostic de l’arythmie sous-jacente et de proposer un bilan cardiologique adapté, puis un traitement approprié.
Les onychomycoses sont des infections fongiques chroniques de l’appareil unguéal, le plus souvent dues à des dermatophytes, mais aussi à des levures et à des moisissures non dermatophytes. Elles sont fréquentes (≈ 10 % dans la population générale selon les séries), augmentent avec l’âge et peuvent altérer la qualité de vie. Le diagnostic clinique seul est imparfait, car une dystrophie unguéale n’est pas synonyme d’onychomycose ; la confirmation biologique (examen direct/culture, PAS, PCR selon contexte) est donc recommandée, particulièrement avant tout traitement oral prolongé.
La ménopause n’est pas une maladie, mais une étape de vie. La survenue de la ménopause représente un moment charnière dans la vie des femmes : elles sont en activité au moment de l’installation des symptômes et passent près de 40 % de leur vie en état de ménopause. La prévention de ses conséquences est un enjeu sociétal : c'est pourquoi une consultation longue dédiée à la ménopause doit voir le jour cette année.
Très fréquents, les nodules thyroïdiens, bénins et non évolutifs dans plus de 90 % des cas, ne requièrent pas de prise en charge spécifique. L’objectif du clinicien doit être de savoir diagnostiquer les cancers thyroïdiens à risque de récidive ou de décès (5-7 % des nodules), les nodules hyperfonctionnels à risque d’hyperthyroïdie (5 %) et les nodules compressifs (rares) tout en évitant les surdiagnostics conduisant à des chirurgies inutiles. Compte tenu des difficultés persistantes de caractérisation préopératoire des nodules, il s’agit d’un véritable challenge qui a motivé l’élaboration de recommandations récentes des sociétés françaises et européennes et requiert un parcours de soins adapté impliquant en premier lieu le médecin généraliste en lien avec les endocrinologues, médecins nucléaires, radiologues et chirurgiens.
La précocité du diagnostic et de l’initiation d’un traitement de fond sont essentiels dans la polyarthrite rhumatoïde débutante, illustrant le concept de fenêtre d’opportunité. Le diagnostic positif de polyarthrite rhumatoïde repose sur la présence d’arthrites cliniques, persistant plus de 6 semaines, habituellement associées à un syndrome inflammatoire biologique et la positivité de la recherche de facteur rhumatoïde et/ou d’anticorps anti-protéines citrullinées. Chez un patient consultant pour des arthralgies, sans arthrite clinique, il est recommandé de réaliser les explorations minimales permettant d’évaluer le risque d’évolution vers une polyarthrite rhumatoïde et d’orienter rapidement le patient vers un rhumatologue. La prise en charge reposera avant tout sur les traitements symptomatiques, les règles hygiéno-diététiques et la surveillance. Chez un patient consultant pour des arthralgies, avec arthrite clinique, il est recommandé de réaliser les explorations minimales devant une suspicion de polyarthrite rhumatoïde et d’orienter le patient vers un rhumatologue, si possible dans un délai de 6 semaines, pour confirmer le diagnostic et initier un traitement de fond synthétique conventionnel.
Environ 10 % des patients rapportent des symptômes musculaires lors de la prise de statines, en règle sans élévation du taux de créatine kinase. Les prédicteurs sont bien connus : effet dose, effet drogue (Sim>Ator>Rosu>Prava>Fluva) et effet temporel (surtout dans les 3 premiers mois de traitement). Une tolérance préalable diminuerait le risque.
En 2023, 11 millions de Français ont eu au moins une prescription d’un opioïde, avec une dose moyenne EMO (Équivalent Morphine Orale) de 17 mg par jour. Pour des durées souvent longues ( >3 mois pour 2,8 millions de patients), plus souvent chez des femmes, et un âge moyen de 55 ans. En termes de prévalence, cela représente 1 adulte sur 6, et, assez naturellement, les opioïdes dits faibles en constituent la grande majorité (16,6 % des adultes versus 1,21% pour les opioïdes forts).
La légère baisse observée en 2024 (–1,7%) concerne principalement le tramadol (–20%) et la codéine (–11%), les prescriptions de poudre d'opium ayant à l'inverse progressé (+37%). Ce sont les premiers effets probables des mesures de limitation mises en place. Les troubles de l’usage, les hospitalisations et les décès sont majoritairement le fait de ces opioïdes dits faibles (45% tramadol et 24% codéine).
Dans la nouvelle convention médicale 2024-2029, un des objectifs de santé publique est le dépistage de la maladie rénale (MRC). Il figurait dans l'ancienne ROSP, mais dédié aux seuls patients HTA et diabétiques. Il s’est aujourd’hui considérablement élargi, ciblant tous les adultes atteints de maladies cardio-vasculaires, de maladies de système ou auto-immunes.