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7 points clés : Soigner l’obésité en médecine générale ?

Revue No. 109
1. EN PRÉAMBULE

En France, l'obésité n'est pas reconnue comme une maladie et, en corollaire, il n'y a donc pas d'ALD obésité ! D'où un impact pratique sur la prise en charge des traitements. Pourtant un adulte sur 6 est en situation d'obésité, soit près de 10 millions de Français, et la prévalence est en forte hausse : au total, un adulte sur 2 est en surpoids ou souffre d'obésité.

2. Un déséquilibre entrées / sorties ?

C'est un peu plus complexe. L'obésité est due à une dysfonction du stockage de l'énergie. Pour accumuler des graisses alimentaires, les adipocytes se multiplient et grossissent, libérant alors des cytokines inflammatoires, entraînant une fibrose des tissus. D'où une chronicisation de la maladie, favorisée par de nombreux facteurs : biologiques, comportementaux, environnementaux et sociétaux. Il faut enquêter sur les causes de l'obésité pour pouvoir bien phénotyper le patient.

3. 4D, une prise en charge holistique

Dépister, Diagnostiquer, Discuter, Décider
Et tout cela ensemble : nécessaire construction d'une relation de confiance avec le patient.
Une évaluation multidimensionnelle permet de définir la complexité de l'obésité en 3 grands stades.
Surpoids ou obésité dite non complexe :pris en charge par le MG.
Obésité dite complexe(IMC≥35 ou comorbidités) : prise en charge par le MG et un spécialiste de l'obésité.
Obésité dite très complexe (IMC≥40 et cumul de facteurs associés) : prise en charge multidisciplinaire en structure spécialisée (CSO).

4. En 1re intention, proposer les MTMV

(Modifications thérapeutiques du mode de vie)
Gestion des comportements autour des 4 grands piliers d'une éducation thérapeutique :

  1. Améliorer le sommeil : quantité, qualité, rythme de vie ;
  2. Améliorer l'alimentation (diététicien si besoin) ;
  3. Maintenir / augmenter une activité physique régulière ;
  4. Accompagner toute difficulté psychologique et rechercher et traiter des TCA (troubles du comportement alimentaire).

Fixer ensemble des objectifs réalisables non centrés sur la perte de poids et tenter de maintenir ces MTMV dans la durée.

5. En 2e intention, et avec le patient

Tout en poursuivant les MTMV, envisager :

  1. Séjour en SMR : soins médicaux et réadaptation ;
  2. Chirurgie bariatrique après échec traitement médical, nutritionnel, diététique et psychothérapeutique bien conduit 6 à 12 mois ;
  3. Traitement médicamenteux de l'obésité (TMO) : avant ou après prise en charge chirurgicale (2e ou 3e intention). Les agonistes simples GLP-1 ou doubles GIP/GLP-1 sont indiqués si IMC>27 avec comorbidités ou si IMC>30. Ils peuvent être prescrits par tout médecin, mais ne sont pas remboursés à ce jour.
6. Un accompagnement À VIE

Des résultats similaires sont observés avec la chirurgie ou les TMO : perte de poids>10% à 15%, diminution du risque CV et amélioration des comorbidités fréquentes en cas d'obésité (arthrose, SAHOS, MASH).
Mais quelle que soit la prise en charge, il faut assurer la continuité des soins : importance du suivi à long terme par le MG, de l'adressage si besoin/rechute, de l'accompagnement social et psychologique.
Le maintien de la perte de poids est essentiel.

7. POUR EN SAVOIR +

Qui dit maladie, dit traitement.
Retrouvez en 10 min l'essentiel sur « Peut-on prendre en charge l'obésité en MG en 2025 ? » par le Dr Sarah Kdouh (Marseille)