Au moins les 2/3 des BPCO ne sont pas diagnostiquées, ce qui représente environ 2 millions de patients. Le diagnostic de BPCO est rarement posé lors des 1ers symptômes (ou même des 1res). Plus de 15 % des hospitalisations pour exacerbation sévère sont inaugurales, c’est-à-dire qu'elles font découvrir à un stade déjà avancé une maladie jusque-là méconnue.
Les exacerbations même modérées qui se répètent sont associées à un raccourcissement de l’espérance de vie, un déclin accéléré de la fonction respiratoire, une dégradation croissante de la qualité de vie. Mais aussi à une augmentation du risque CV : dans les 14 jours qui suivent une exacerbation, risque accru de syndrome coronarien (x2,07), mais aussi d’arythmie (x2,86), d’insuffisance cardiaque (x2,87) et d’AVC (x1,43). Les décès d’origine CV représentent ainsi une proportion importante de la mortalité dans la BPCO.
- Prévenir les exacerbations (pour baisser la mortalité) : vaccination, optimisation pharmacologique, éducation thérapeutique, choix du traitement inhalé adapté ;
- Améliorer la dyspnée (et donc la qualité de vie du patient) : évaluation cardiovasculaire, optimiser le traitement inhalé (proposer une association LABA-LAMA en 1re intention), réadaptation à l’exercice ;
- ,Prévenir la dégradation de la fonction respiratoire (VEMS) : arrêt du tabac et, en cas de dyspnée, implémenter une triple thérapie (CSI-LABA-LAMA) selon les recommandations.
Se baser sur la présence d’exacerbation et sur la dyspnée.
- Patient asymptomatique (dépistage)avec ≤1 exacerbation modérée/an : un bronchodilatateur de longue durée d'action ;
- Patient symptomatique ou dyspnéique avec ≤ 1 exacerbation modérée/an : association de 2 bronchodilatateurs (LAMA + LABA) ;
- En cas d’exacerbation ≥ 1 sévère/an ou ≥2 modérées, sous LABA-LAMA, ou si >300 éosinophiles : association 2 bronchodilatateurs + un CSI (LABA + LAMA + CSI). ET on oublie le CSI-LABA dans la BPCO !
L’introduction précoce d’une triple thérapie (après une exacerbation modérée ou sévère) est associée à une baisse des risques de réhospitalisation à J90, des exacerbations sévères hospitalisées, des exacerbations modérées, des hospitalisations de toutes causes et des passages aux urgences. Sans oublier bien sûr l’arrêt du tabac, les vaccinations (grippe, pneumocoque) et la réadaptation à l'exercice, dont l'efficacité est démontrée.