| 1 - En préambule |
| Le risque d'hyperkaliémie (HK) est accru chez les patients cardiorénaux : jusqu’à 40 à 50 % des patients aux stades avancés de MRC (en particulier les patients DT2 et ceux traités par inhibiteurs du SRAA) et jusqu’à 40 % des patients en insuffisance cardiaque sévère. Elle résulte d’une excrétion rénale du potassium perturbée et des traitements hypokaliémiants souvent prescrits chez ces patients. |
| 2 - Fréquente, récidivante, voire persistante |
| Définie par un K+ > 5 mmol/L (HK dite légère de 5 à 5,5 mmol/L), son dosage nécessite une certaine vigilance (tube sec ou hépariné, délai < 4 h, sans garrot…). Après un premier épisode d’HK, le risque de récidive augmente et le délai entre 2 épisodes se réduit. Plus de la moitié des patients présentent une récidive moins de 2 mois après le premier épisode, notamment les patients MRC stades 3 et 4 et les patients IC. L’HK est qualifiée de persistante en cas de 2 récurrences ou plus au cours d'une même année, malgré le recours à des traitements adaptés (résines chélatrices ou diurétiques). |
| 3 - Des conséquences graves |
| On observe un excès d'hospitalisations, directement imputables à l'hyperkaliémie dans plus de 25 % des cas. La mortalité toutes causes est significativement augmentée pour toute augmentation de 0,1 mmol/L du K+. L'HK entraîne aussi une interruption du traitement par iSRAA chez un patient sur 5, qu'il s'agisse d’inhibiteurs de l’enzyme de conversion, d’antagonistes du récepteur de l'angiotensine II, du sacubitril-valsartan (ARNI), ou d’antagonistes des récepteurs aux minéralocorticoïdes, avec un risque de perte de chance pour les patients. |
| 4 - iSRAA : un arrêt à très haut risque ! |
| Surtout, cet arrêt est associé à une augmentation significative du risque d'événements cardiovasculaires majeurs (x 1,29) et de décès (x 1,49) dans les 3 ans qui suivent. Le risque de survenue à 6 mois d’une IR terminale ou d’une nouvelle hospitalisation pour IC est en pratique quasiment le même en cas d'arrêt (+ 55 %) ou de simple baisse de dose (+ 51 %) des iSRAA. Les traitements jusqu'alors disponibles (résines chélatrices) ne pouvaient être prescrits au long cours : compte tenu du risque d’hypokaliémie, ils devaient être arrêtés dès correction de l’HK. |
| 5 - De nouveaux traitements |
| Depuis février 2026, de nouveaux chélateurs sont disponibles : le cyclosilicate de zirconium sodique (Lokelma®) et le patiromère calcique (Veltassa®). Tous les 2 sont indiqués dans le traitement de l'hyperkaliémie chez l'adulte. Ils permettent l'atteinte d’une normo-kaliémie en moins de 3 jours et il est ensuite possible de les prescrire à la dose minimale efficace pour prévenir les récidives. Dans une étude menée avec le cyclosilicate de zirconium sodique, près de 90 % des patients ont maintenu une kaliémie moyenne inférieure à 5,1 mmol/L sur les 11 mois de suivi. |
| 6 - Une nouvelle stratégie |
| Optimiser la prescription : prescrire les iSRAA à la dose maximale tolérée, surveiller la kaliémie lors du début du traitement, si nécessaire, traiter l'hyperkaliémie (ce qui permet souvent la poursuite du traitement). Ce n'est qu'après l'échec de ces mesures qu'il conviendrait de réduire ou d’arrêter l’iSRAA. L’HK est un effet secondaire prévisible et gérable d’un traitement optimal de la MRC et de l’IC. L’utilisation des nouveaux chélateurs de potassium permet la poursuite des iSRAA |
| 7 - POUR EN SAVOIR + | |
| Potassium, hyper ou hypo ? Retrouvez l’essentiel sur « Coeur et reins, des enjeux communs » par le Dr François Diévart (Dunkerque) |
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