Des liaisons dangereuses : après une grippe, le risque d'infarctus est x 5,4, maximal de J1 à J7 après l’infection, il persiste encore à J28. Il existe aussi un surrisque d’AVC (x 7 à 12), persistant jusqu’à J28. Des données similaires sont observées en cas de pneumonie : après un 1er épisode, risque d'hospitalisation x 2, mortalité toutes causes x 4, cela principalement dans les 3 mois qui suivent.
L’eczéma est un symptôme inflammatoire de la peau aux causes multiples : atopique, allergique, irritative, médicamenteuse ou encore veineuse. Il se manifeste par des rougeurs, démangeaisons, vésicules et desquamations, pouvant devenir chroniques avec épaississement de la peau et lichénification. La dermatite atopique est la forme la plus fréquente, liée à une altération de la barrière cutanée et à une inflammation immunitaire. L’eczéma chronique des mains touche souvent la femme jeune et est souvent multifactoriel avec souvent une part professionnelle à investiguer.Le traitement des eczémas repose surtout sur l’évitement des irritants, l’utilisation d’émollients et des dermocorticoïdes adaptés aux poussées. En cas de formes sévères, résistantes ou étendues, un avis spécialisé est recommandé avec possibilité de traitements systémiques modernes.
L’allaitement maternel constitue le mode d’alimentation de référence du nourrisson. 70 % des femmes initient un allaitement maternel à l’accouchement, mais elles ne sont plus que 55% à allaiter exclusivement en sortie de maternité
et moins de 3% à 6 mois. Dans ce contexte, le médecin généraliste occupe une place essentielle dans l’accompagnement
des familles.
La néphrotoxicité médicamenteuse est un enjeu majeur de sécurité en médecine de ville, en particulier chez les patients âgés, polymédiqués, atteints de maladie rénale chronique (MRC) ou exposés à des associations hémodynamiquement défavorables1. Au-delà de l'adaptation posologique au débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe), sa prévention repose sur une stratégie proactive de gestion des médicaments: l'identification des risques cumulés et la déprescription systématique des médicaments inutiles, particulièrement les antiinflammatoires non stéroïdiens (AINS) et les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP). Cet article propose une feuille de route pratique pour intégrer cette culture de la prévention dans la pratique quotidienne du médecin
généraliste.
| 1 - En préambule |
| Le risque d'hyperkaliémie (HK) est accru chez les patients cardiorénaux : jusqu’à 40 à 50 % des patients aux stades avancés de MRC (en particulier les patients DT2 et ceux traités par inhibiteurs du SRAA) et jusqu’à 40 % des patients en insuffisance cardiaque sévère. Elle résulte d’une excrétion rénale du potassium perturbée et des traitements hypokaliémiants souvent prescrits chez ces patients. |
| 2 - Fréquente, récidivante, voire persistante |
| Définie par un K+ > 5 mmol/L (HK dite légère de 5 à 5,5 mmol/L), son dosage nécessite une certaine vigilance (tube sec ou hépariné, délai < 4 h, sans garrot…). Après un premier épisode d’HK, le risque de récidive augmente et le délai entre 2 épisodes se réduit. Plus de la moitié des patients présentent une récidive moins de 2 mois après le premier épisode, notamment les patients MRC stades 3 et 4 et les patients IC. L’HK est qualifiée de persistante en cas de 2 récurrences ou plus au cours d'une même année, malgré le recours à des traitements adaptés (résines chélatrices ou diurétiques). |
| 3 - Des conséquences graves |
| On observe un excès d'hospitalisations, directement imputables à l'hyperkaliémie dans plus de 25 % des cas. La mortalité toutes causes est significativement augmentée pour toute augmentation de 0,1 mmol/L du K+. L'HK entraîne aussi une interruption du traitement par iSRAA chez un patient sur 5, qu'il s'agisse d’inhibiteurs de l’enzyme de conversion, d’antagonistes du récepteur de l'angiotensine II, du sacubitril-valsartan (ARNI), ou d’antagonistes des récepteurs aux minéralocorticoïdes, avec un risque de perte de chance pour les patients. |
| 4 - iSRAA : un arrêt à très haut risque ! |
| Surtout, cet arrêt est associé à une augmentation significative du risque d'événements cardiovasculaires majeurs (x 1,29) et de décès (x 1,49) dans les 3 ans qui suivent. Le risque de survenue à 6 mois d’une IR terminale ou d’une nouvelle hospitalisation pour IC est en pratique quasiment le même en cas d'arrêt (+ 55 %) ou de simple baisse de dose (+ 51 %) des iSRAA. Les traitements jusqu'alors disponibles (résines chélatrices) ne pouvaient être prescrits au long cours : compte tenu du risque d’hypokaliémie, ils devaient être arrêtés dès correction de l’HK. |
| 5 - De nouveaux traitements |
| Depuis février 2026, de nouveaux chélateurs sont disponibles : le cyclosilicate de zirconium sodique (Lokelma®) et le patiromère calcique (Veltassa®). Tous les 2 sont indiqués dans le traitement de l'hyperkaliémie chez l'adulte. Ils permettent l'atteinte d’une normo-kaliémie en moins de 3 jours et il est ensuite possible de les prescrire à la dose minimale efficace pour prévenir les récidives. Dans une étude menée avec le cyclosilicate de zirconium sodique, près de 90 % des patients ont maintenu une kaliémie moyenne inférieure à 5,1 mmol/L sur les 11 mois de suivi. |
| 6 - Une nouvelle stratégie |
| Optimiser la prescription : prescrire les iSRAA à la dose maximale tolérée, surveiller la kaliémie lors du début du traitement, si nécessaire, traiter l'hyperkaliémie (ce qui permet souvent la poursuite du traitement). Ce n'est qu'après l'échec de ces mesures qu'il conviendrait de réduire ou d’arrêter l’iSRAA. L’HK est un effet secondaire prévisible et gérable d’un traitement optimal de la MRC et de l’IC. L’utilisation des nouveaux chélateurs de potassium permet la poursuite des iSRAA |
| 7 - POUR EN SAVOIR + | |
| Potassium, hyper ou hypo ? Retrouvez l’essentiel sur « Coeur et reins, des enjeux communs » par le Dr François Diévart (Dunkerque) |
![]() |