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7 points clés - Prévention cardiovasculaire et vaccination

Revue No. 112
1 - En préambule
Des liaisons dangereuses : après une grippe, le risque d'infarctus est x 5,4, maximal de J1 à J7 après l’infection, il persiste encore à J28. Il existe aussi un surrisque d’AVC (x 7 à 12), persistant jusqu’à J28. Des données similaires sont observées en cas de pneumonie : après un 1er épisode, risque d'hospitalisation x 2, mortalité toutes causes x 4, cela principalement dans les 3 mois qui suivent.

 

2 - Une physiopathologie qui se précise !
3 processus sont impliqués dans la survenue d’évènements CV en cas d’infection (grippe, mais aussi Covid-19, VRS, pneumocoque, zona).
1. L’inflammation (cytokines, cellules de l’inflammation), qui agit sur les cellules endothéliales avec risque d’accidents cardiaques aigus (SCA, péricardite, myocardite, troubles du rythme...) par rupture de plaque.
2. L’augmentation de la coagulabilité, génératrice des mêmes complications cardiaques, ainsi que d’AVC et autres accidents thromboemboliques.
3. La toxicité directe des agents pathogènes sur le poumon, le coeur et les cellules endothéliales.

 

3 - L’exemple du pneumocoque
Des conséquences très lourdes, avec des complications immédiates et à long terme (nombreuses séquelles), localisées et systémiques, entraînant altération de la qualité de vie, perte d'autonomie et diminution de la résilience physiologique. Mais aussi un risque d’antibiorésistance, enjeu majeur de santé publique et coûts élevés : 1 milliard d’euros de dépenses directes sur 4 ans. La mortalité globale est estimée entre 10 et 30 %. Ces conséquences sont d’autant plus fréquentes et importantes quand ces infections surviennent chez des patients âgés et/ou avec des comorbidités.

 

4 - Vacciner, un impact direct sur la mortalité toutes causes en vie réelle
Chez les patients insuffisants cardiaques > 45 ans, la vaccination antipneumococcique réduit de 22 % la mortalité toutes causes (p = 0,005) à un an. Chez des patients coronariens ou IC, la vaccination grippale diminue de 26 % le risque des évènements CV majeurs, de 37 % le risque de décès CV et de 28 % la mortalité toutes causes. Le niveau d’effet est « comparable » à celui des traitements curatifs de l’IC. Cet effet protecteur des vaccins, tant grippal que pneumococcique, est précoce, mesurable dans les 30 jours qui suivent et s’amplifie à un an.

 

5 - Même en bonne santé ?
La population éligible à une vaccination selon les recommandations HAS est très large. Pour le pneumocoque, on peut l’estimer à environ 17 millions de personnes : 1,8 millions de patients immunodéprimés, 6 millions de patients vivant avec une maladie chronique, soit plus de 7 millions d’adultes à risque accru d’IP, auxquels il faut ajouter près de 15 millions de personnes de plus de 65 ans (en cas d’infections à pneumocoque, 3 décès sur 4 surviennent chez les > 65 ans). Cependant la couverture vaccinale reste très insuffisante, et cela pour l’ensemble des infections évoquées.

 

6 - En pratique
Au quotidien, la vaccination représente un nouvel outil de prévention cardiovasculaire, chez les patients à risque bien sûr, mais plus largement chez tous les patients âgés.
Le passage des 65 ans est un carrefour vaccinal de la prévention CV : grippe et Covid, chaque hiver, dès que possible durant l'année, zona, 2 doses à 2 mois d’intervalle, et une dose unique (VPC 20 ou VPC 21) contre le pneumocoque. Et bientôt sans doute le VRS !

 

7 - POUR EN SAVOIR +

Retrouvez en 10 min l’essentiel sur « La vaccination, nouveau pilier de la prévention CV » par le Pr Paul Loubet (Nîmes)

Cette page est rédigée par la direction scientifique de Preuves & Pratiques